L’année 2025 aura marqué un véritable moment de bascule pour la politique écologique européenne.
L’année 2025 aura marqué un véritable moment de bascule pour la politique écologique européenne. Détricotage progressif du Green Deal, affaiblissement du devoir de vigilance, remise en cause du reporting extra-financier, recomposition politique au Parlement européen...
Ce qui relevait hier d’un consensus fragile est redevenu un terrain de confrontation.
Car comprendre le tournant actuel est un préalable indispensable à toute action éclairée, Claire Nouvian a pris le micro à l’occasion de la remise des diplômes 2026 de Green Management School pour décrypter un moment politique décisif.
Le recul des ambitions écologiques de l’UE ne s’est pas fait en une nuit. Il s’est installé étape par étape au sein du Parlement européen.
En France, la désintégration du plan Écophyto et l’adoption de la loi Duplomb ont envoyé des signaux forts. À l’échelle européenne, l’Omnibus 1 a cristallisé les tensions autour d’un discours de “simplification” des normes environnementales.
Mais derrière l’argument de la simplification, c’est une toute autre dynamique qui s’est révélée : celle de la dérégulation.
Le Green Deal européen, présenté comme la colonne vertébrale climatique de l’Union européenne, reposait notamment sur deux piliers structurants :
Ces textes apportaient une évolution majeure : la performance d’une organisation ne doit plus seulement être évaluée à l’aune de ses résultats financiers. Elle doit intégrer ses externalités.
Or, depuis 2024, cette architecture est contestée.
Les élections européennes ont modifié la composition du Parlement. Le PPE (droite conservatrice) et les groupes d’extrême droite ont renforcé leur poids. Les équilibres traditionnels - socialistes, écologistes et centre libéral - ne suffisent plus à garantir une majorité favorable à l’ambition climatique initiale.
Claire Nouvian explique qu’une partie de la droite européenne s’est rapprochée de formations jusque-là tenues à distance par le “cordon sanitaire”. Et ce sont notamment les débats autour de l’Omnibus 1 qui ont mis en lumière ce rapprochement : des amendements visant à affaiblir le devoir de vigilance ont vraisemblablement été soutenus par une coalition élargie, permettant leur passage en commission.
Puis c’est la mécanique institutionnelle européenne, dans l’ombre de la couverture médiatique, faible lors des votes en commission, qui a facilité l’adoption d’amendements (dé)structurants sans véritable débat public.
Pendant plusieurs années, l’idée d’une transition écologique européenne structurée par le Green Deal a bénéficié d’un relatif consensus. Certes imparfaite, souvent jugée insuffisante, cette trajectoire fixait néanmoins un cap.
L’argument de la compétitivité, la crainte d’un excès de normes, la pression de certains secteurs économiques et l’influence géopolitique extérieure - notamment dans un contexte international marqué par le retour de logiques nationalistes et extractivistes - redessinent les priorités.
La politique climatique européenne devient un champ de tension entre :
Comprendre cette tension est essentiel, car elle conditionne l’avenir du Green Deal et, plus largement, la trajectoire climatique européenne.
Le débat public tend à polariser les positions : d’un côté, les partisans d’une ambition intacte ; de l’autre, ceux qui invoquent la nécessité d’alléger les contraintes pour préserver la compétitivité.
Mais la réalité est plus complexe.
La question centrale est : la simplification administrative se transforme-t-elle en affaiblissement structurel ?
Affaiblir les obligations de reporting ou restreindre le champ du devoir de vigilance ne revient pas simplement à ajuster un dispositif technique. Cela modifie le cadre dans lequel les entreprises intègrent, ou non, les enjeux climatiques et sociaux dans leur stratégie.
La transition écologique européenne n’est pas seulement une affaire de normes. Elle est un système d’incitations, de responsabilités et de signaux envoyés au marché.
Changer ces signaux, c’est changer les trajectoires d’investissement.
Au-delà du constat, une interrogation traverse la conférence : que faire face à ce moment de bascule ?
Deux attitudes émergent.
La première privilégie la résilience locale. Elle mise sur les territoires, les coopérations, les initiatives concrètes, indépendamment des fluctuations institutionnelles.
La seconde assume le caractère politique de la transition. Elle considère que les cadres réglementaires, les rapports de force parlementaires et les orientations budgétaires conditionnent profondément la capacité d’action.
Ces deux approches ne s’opposent pas nécessairement. Elles se complètent. Mais elles rappellent une évidence : la transition écologique n’est pas neutre. Elle est traversée de choix idéologiques.
Pour celles et ceux qui souhaitent agir dans les organisations, cette dimension est décisive.
L’ampleur des transformations en cours peut générer une forme de sidération. Recul du Green Deal, tensions géopolitiques, déséquilibres démocratiques : l’accumulation des signaux fragilise les certitudes.
Or l’action efficace suppose une compréhension lucide des dynamiques institutionnelles, économiques et géopolitiques en cours.
Comprendre les institutions politiques agissant sur les entreprises françaises et connaître les trajectoires réglementaires européennes : ces compétences deviennent stratégiques pour les managers de la transition écologique.
Chez Green Management School, nous partons d’un principe simple : il n’y a pas d’innovation durable sans compréhension systémique.
En faisant dialoguer sciences naturelles, sciences sociales et vision entrepreneuriale, nous formons des profils capables :
La politique écologique européenne en 2026 ne se résume pas à une suite de textes juridiques. Elle constitue l’environnement stratégique dans lequel évolueront les entreprises. Former des managers capables de naviguer dans cet environnement, c’est refuser la passivité.
Il serait illusoire d’imaginer une trajectoire climatique continue, sans inflexion ni recul. Les avancées s’accompagnent de résistances, les consensus se délitent, les majorités évoluent. L’histoire des politiques publiques est faite de cycles.
La question n’est donc pas seulement de déplorer un possible affaiblissement du Green Deal. Elle est de comprendre comment agir dans une phase de tension.
La transition écologique européenne traverse des eaux troubles. Mais c’est précisément dans ces zones que se redessinent les équilibres.
Pour les futurs managers, l’enjeu est clair : ne pas subir ces évolutions, mais les intégrer dans leur stratégie.
La conférence de Claire Nouvian invite à regarder en face la dimension politique de la transition.
Entre ambition initiale et pressions concurrentielles, entre régulation et dérégulation, entre résilience territoriale et combat institutionnel, un nouvel équilibre se cherche : la politique écologique européenne en 2026 est à la croisée des chemins.
C’est à cet endroit même que se joue la capacité des organisations à transformer réellement leurs modèles.
Créer un autre lendemain suppose de comprendre celui qui s’annonce, et d’apprendre comment agir sur lui.
Nous avons conçu une fiche synthèse de la conférence de Claire Nouvian qui reprend les points clés abordés, propose une lecture structurée des évolutions en cours et liste les différentes ressources citées par la fondatrice de BLOOM.
Télécharger la fiche synthèse pour comprendre les enjeux de la politique écologique européenne en 2026.
Et pour en savoir plus sur notre école, contactez-nous via l’adresse info@green-management-school.fr ou par téléphone au 01 89 16 66 01 !